
Le François, Terre d’authenticité
La baie du François était considérée comme inabordable en raison de très nombreux brisants, la côte à cet endroit était inhabitable car marécageuse et infestée de moustiques. Pourtant, en décembre 1694, le père Labat y accoste pour y fonder une paroisse. Le mot paroisse est utilisé sous l’ancien régime pour désigner la division à la fois administrative et religieuse.
La première église, d’abord construite en paille, en terre et en roseau fut partiellement détruite. Reconstruite, elle fut ravagée par l’ouragan de 1891. L’église Saint-Michel construite par l’architecte Henri Picq fut à nouveau anéantie en 1973 par un incendie. Elle a été remplacée par une église aux allures futuristes conçue par Marc Alie, mais qui rapidement est devenue vétuste. Aujourd’hui, la construction d’un nouvel édifice s’inspirant de l’église Saint-Michel est achevée. Celui-ci a été conçu par Olivier Dubosc et Frederico Genovese.
Au 19ème siècle on construisit dans le bourg une grosse usine de sucre et de rhum qui fit travailler de nombreuses personnes.
En 1900, grève générale des usines de Sainte-Marie, Trinité et François. Les coupeurs de canne ont réclamé un salaire de 2 francs qui leur a été refusé. Le mouvement de grève démarra le 05 février 1900 pour s’étendre ensuite du nord au sud de la Martinique, et s’acheva le 24 février. Ce conflit social fut marqué par la fusillade du 8 février 1900 devant l’usine du François. 9 travailleurs (7 Robertins, 2 Franciscains furent tués) : Émilien Amusan surnommé « Ti Paul », 25 ans ; Mathurin Chassol, 28 ans ; Paul Chassol, 18 ans ; Stanislas Claudan surnommé « Chéry », 22 ans ; Augustin Clotail surnommé Auguste, 22 ans ; Léopold Félicien, 35 ans ; Victor Merland, 18 ans ; Jean-Dominique Mouboundo, 31 ans ; Pierre Quinquéla (Africain), 60 ans.
De 1900 à 1939, début de la seconde guerre mondiale, la Ville du François a, malgré la crise sucrière, une activité économique croissante. On fabrique des sodas et de la chaux dans les régions de Monnerot et de Frégate. L’extraction de pierres à bâtir dans de nombreuses carrières fournissait de belles pierres de taille qui permirent la restauration de l’église et l’édification de maisons dans le bourg.
La source thermale de Frégate connaît une certaine renommée et les cures y sont recommandées pour les maladies du foie. Les cultures vivrières sont importantes. La population est déjà de 12 000 habitants ; les vivres viennent des hauteurs du Morne-Pitault, de la Chopotte et du Morne Acajou. La vie portuaire est non négligeable, des bateaux européens et américains s’y rendent pour charger du sucre et du rhum. Ils y déchargent des engrais, du charbon de terre et bien d’autres denrées qui sont acheminées vers le bourg par des gabarres qui remontent le canal. À cette époque, du port du François, sont redistribuées des marchandises jusqu’au Robert et vers toutes les habitations (structures agricoles) de la côte Atlantique.
Comme partout, pendant la guerre, il y a des problèmes de subsistance et en 1945 la reprise est lente. De 1945 à 1975, l’évolution économique du François reste celle d’une commune rurale. La culture de la banane remplace celle de la canne. Le bourg prend alors une allure de gros bourg à caractère rural. À la fin des années 70 un ensemble pavillonnaire prit forme dans les hauteurs de la Cotonnerie, derrière le cimetière. Ces villas individuelles symbolisent la réalité d’une classe importante d’employés du secteur tertiaire.
Depuis 1995, Le François connaît un nouvel essor grâce à la construction de nouveaux équipements, la rénovation du centre bourg et la prise en compte de la dimension humaine dans des dizaines de projets dans les quartiers. Aujourd’hui, la fonction économique du François doit sa progression, entre autres, au projet d’extension de la ZAC Trianon. L’implantation d’enseignes prestigieuses de la grande et moyenne distribution offre à la population une desserte commerciale de proximité à la hauteur du dynamisme de la Ville. Sa redynamisation passe aussi par l’implantation de nouveaux commerces et services en centre-bourg. Outre l’activité commerciale et industrielle de la commune, la pêche et l’agriculture tiennent une place importante dans l’économie du François. Ces nouvelles orientations ont placé cette ville sur la voie du développement économique, culturel, et social tout en affichant une volonté forte de protection de l’environnement.
Faits et évènements
12 janvier 1844
Décès de Jacques Joseph Clerc, élu premier maire en 1839
septembre 1870
Grande insurrection du sud. Le François, en état de siège par arrêté des 23, 24 et 26 septembre 1870. La commune servira de point d’appui à l’armée pour organiser la répression
8 juin 1885
Décès de Théodore Lubin, maire de 1872 à 1885. Il lança le projet de construction d’une jetée reliant le bourg à la mer
22 septembre 1890
Décès de Ludovic Brière de Lisle, maire sous le second empire et sous la 3ème république
18 août 1891
Passage du grand cyclone de 1891 qui fît de nombreuses victimes et détruisit la 2ème église de l’histoire du François
19 juillet 1893
Une grande fête est organisée au François en l’honneur de Victor Schœlcher
8 février 1900
Fusillade lors de la grève des travailleurs de la canne du 5 au 15 février. Le lieutenant Kahn, à la tête d’un détachement d’une quinzaine de soldats fait tirer sur les grévistes. Au total, une dizaine de tués et de nombreux blessés
27 mai 1900
Homère Clément, élu maire. 7 ans plus tard naîtra la distillerie Clément
19 décembre 1905
Une disette sévit dans la commune et ses alentours
22 juillet 1936
Création de l’association Club Franciscain
14 avril 1938
Un incendie se produit à la distillerie Clément
3 février 1944
Isidore Calonne remplace André Capoul, gravement malade, à la tête de la municipalité. Nommé par délégation spéciale, il fût le premier maire du François à n’appartenir ni à la classe des békés, ni à celle des mulâtres. Il sera maire de 1944 à 1956
25 février 1945
Auguste Vivies, maire de 1923 à 1935, est accompagné à sa dernière demeure. Sous son administration fut notamment construite l’école de Morne Acajou qui porte son nom
20 mai 1945
Installation d’une stèle surmontée d’une croix en bordure du chemin de l’habitation « bonnaire ». Un des propriétaires, Pierre Lucy de Fossarieu, a été accidentellement tué lors de la poursuite de René-Louis Beauregard
22 mai 1948
Abolition de l’esclavage. Autour de cette date, des célébrations ont lieu chaque année au Pont Abel : marche commémorative, chants, ladja, bèlè, combats de majors...
16 septembre 1949
Décès d’André Capoul, maire de 1935 à 1944. Il s’attacha notamment au développement des écoles rurales et du cours complémentaire au bourg
15 janvier 1950
Une conférence est organisée au François à l’occasion de la commémoration de l’assassinat d’André Aliker
13 février 1953
Inauguration de la nouvelle salle paroissiale au presbytère
18 janvier 1954
Important rassemblement de travailleurs agricoles du Morne Pitault. Leurs revendications portent sur les salaires, les congés payés, la protection sociale, l’application des prestations familiales
13 février 1954
D’importants mouvements sociaux touchent le secteur de la canne. Une vague d’arrestations touche le François. Sept ouvriers seront arrêtés
25 septembre 1963
Passage du cyclone Edith qui fît 3 morts au François et détruisit de nombreuses cultures
septembre 1973
Incendie de l’église Saint-Michel du François. Elle avait été construite par l’architecte Henri Picq à la fin du 19ème siècle
27 septembre 1973
Incendie de l’église Saint Michel du François construite par l’architecte Henri Picq à la fin du XIXe siècle
17 janvier 1974
Début de la grève de la banane qui débutera au Lorrain et s’étendra au François peu de temps après
1 juin 1978
Démolition des ruines de l’église Saint-Michel qui fût anéantie dans un incendie en 1973. Elle avait été construite par l’architecte Henri Picq
19 octobre 1981
Ouverture de l’école de danse du François sous la direction de Gaby Lordinot
28 juin 1984
Décès de François Duval, maire du François de 1956 à 1971, sénateur et président du Conseil Général. Sous son mandat fut posée la première pierre de la cité scolaire La Jetée
20 avril 1990
Le syndicat national des agents de l’éducation national tient au François son conseil académique
14 Mars 1991
Deuxième sommet Franco-Américain. George Bush et François Mitterrand se rencontrent à l’habitation Clément
31 janvier 1994
Le centre de repos « Cap Est » situé au quartier « La Prairie » ferme ses portes
18 juin 1995
Maurice Antiste est élu maire du François. Ce premier mandat lui permet de succéder à Ernest Wan Ajouhu. Il sera réélu le 11 Mars 2001 et le 16 Mars 2008
9 août 1996
L’habitation Clément devient monument historique par arrêté ministériel
14 juin 2003
Inauguration au François du centre de secours Jules Seveur. Sur une superficie de 1500 m², l’établissement abrite le Centre de Secours et le Groupement Sud qui gèrent les centres de secours du sud de la Martinique
Juin 2003
Du 18 au 22, organisation du premier festival de haute taille et des quadrilles du monde au François. Participation de troupes de Quebec (Canada), de Gascogne (France), de la Dominique, du Brésil, de Sainte-Lucie, de Guadeloupe et de la Martinique
10 juillet 2004
Inauguration du marché couvert du François. Le bâtiment symbolise la balance des marchandes par sa flèche inclinée sur sa façade
12 novembre 2004
Des pluies diluviennes submergent en quelques heures les quartiers La Martienne, Eucalyptus, Bas du bourg et La Jetée. En moins d’une semaine, d’impressionnantes failles apparaissent au quartier Soleil Levant entraînant la destruction de nombreuses maisons
16 août 2005
Terrible crash à Maracaibo, au Venezuela, qui ne laissera aucun survivant. Le François perdra 17 de ses habitants des familles Antiste, Berton, Cabrera, Cadare, Desir, Eudaric, Florine, Hospice, Kimper, Lagier, Lanoir, mainge, Marie Antoinette, Monlouis Félicité, Paquet, Rainette
3 janvier 2008
Décès accidentel, sur la route de Frégate, du champion cycliste Franciscain Jérôme Jéricho. Il s’était plusieurs fois illustré lors de compétitions locales et caribéennes
10 juillet 2010
L’hôtel Capest Lagoon Ressort décroche sa 5ème étoile, devenant ainsi le premier établissement de Martinique à arborer la plus haute distinction de l’hôtellerie française
29 septembre
Fête de Saint-Michel, Saint patron du François. En cette occasion sont organisés un pèlerinage et diverses festivités, dont la fête patronale, autour de cette date. La Saint Michel est aussi la fête des parachutistes qui honorent leur Saint patron chaque année au François


